Courir à New York

New York est une ville cosmopolite, c’est le moins que l’on puisse dire. De toutes origines, new-yorkais et touristes se croisent dans les rues de la ville dont la silhouette ressemble à celle de Gotham City. Les impressions de déjà vu sont nombreuses à cause de nos souvenirs cinématographiques. Il faut dire que chaque quartier de New York s’est prêté au décor d’un film passé ou récent.
Lieu du cinéma, des comédies musicales mais aussi de la crise financière et du terrorisme, New York séduit, enchante et donne de l’énergie à ses visiteurs.
C’est peut-être là sa principale force, New York continue de subjuguer ses visiteurs malgré les années Bush, les excès des traders, la tolérance zéro de Giuliani et les attentats du 9.11.Une forte vitalité se dégage à travers cette envie de continuer à travailler, à construire et à vivre.
J’aimerais un jour participer au Marathon de New York. Courir, transpirer, endurer, se surpasser serait alors une sorte d’hommage rendu à cette ville.



Le théâtre, garant de nos consciences.

Dans ce monde bouleversé par des difficultés de tous ordres, le théâtre a su perdurer. Les hommes auraient-ils eu autant besoin de divertissements à travers les siècles pour que le théâtre continuât d’exister ?
Et aujourd’hui à quel avenir le théâtre peut-il prétendre dans un monde qui laisse autant de place à l’image ?
Dans une récente interview, Jacques Lassale,homme de théâtre complet (metteur en scène, auteur, acteur), expliquait avec convictions sa passion pour cet art. Il expliquait sa vision du monde. Vision étonnamment réaliste et précise. Telle était ainsi sa vision de la Pologne, pays à l’histoire déchirée, torturée. Il s’attarda sur la force de l’acteur polonais qui montait sur scène courageux et fier de la parole qu’il pouvait prendre après tant d’années de persécution et de censure.
Servir fidèlement un texte ce serait prendre l’engagement de s’oublier, d’oublier son égo. Cela relève d’une performance chez l’acteur qui aime être admiré. Ce serait également se servir de sa conscience citoyenne pour alerter le peuple des travers de notre société.
Cette quête de sens est finalement nécessaire dans tous les domaines et chez chaque individu. Il suffit de rester éveillé et de regarder autour de soi.
C’est à la fois simple et compliqué.
C’est peut-être la raison pour laquelle le théâtre continue d’exister.



DSK ou le phénomène de catharsis

L’affaire DSK a occupé massivement l’actualité depuis samedi dernier.

Les sujets déclinés à partir de l’évènement sont nombreux : la justice américaine si différente de la nôtre qui impose son « perpetrator walk » sorte de pénitence des prévenus devant les objectifs de la presse, les notions de victime présumée et de présomption d’innocence, le combat acharné entre procureur et avocats, la cause des femmes maltraitées, l’idée d’un complot sombre mais improbable, l’histoire d’un homme qui n’est pas le frère de la présumée victime qu’il prétend être, la responsabilité des médias français qui n’ont pas su alerter l’opinion publique, l’interview avorté de Tristane Banon qui ne veut plus témoigner contre DSK, la prison de Rikers Island et ses 14 000 prisonniers, l’arrivée d’Anne Sinclair sous les feux de Twitter placé au même niveau que l’AFP sur la crédibilité de l’information, les conditions draconiennes d’une mise en liberté avec ses millions de dollars de caution et de dépôt de garantie, la résidence du Bristol Plaza et ses résidents qui ont peur des caméras, l’élection présidentielle de 2012 et ses nouveaux équilibres, l’avenir du parti socialiste qui doit chercher un nouveau candidat favori, la direction du FMI et les difficultés d’une succession entre pays occidentaux et pays émergents, la ministre de l’Economie et des Finances Lagarde soutenue par Merkel mais affaiblie par Tapie, etc…

Oui, les péripéties de DSK dans le Sofitel de New York soulèvent bien des sujets et des questions que le principal intéressé, lui-même, n’aurait pu imaginer. Les mois d’enquête à venir, en parallèle du procès, détermineront la culpabilité des parties opposées. Les médias n’ont eu aucun mal à s’emparer de ce fait divers tant les points d’accroche sont multiples. Comme si subitement un tel évènement nous conduisait à réfléchir sur les réalités de nos sociétés occidentales dans un mouvement de catharsis.

Entre sexe, argent et politique, la justice des deux pays modèles au point de vue de la démocratie et de la liberté, la France et les Etats-Unis, a du mal à prendre place de façon cohérente.

Ce sont aussi des images peu glorieuses que nos deux pays proposent au restant de la planète.



Bon anniversaire

Voici trente ans la Gauche arrivait au pouvoir. Avec elle de nombreux espoirs voyaient le jour. Certains ont été réalisés comme l’abolition de la peine de mort, la retraite à 60 ans et la semaine à 39 heures. Un plan de relance était lancé à l’encontre des politiques économiques des autres pays européens. C’était risqué et c’était volontaire. Le pays s’accordait des libertés car tout semblait subitement possible.

Aujourd’hui, les médias rappellent l »événement comme s’il s’agissait de la Libération de Paris. A renfort de témoignages des acteurs de l’époque, ils retracent les principaux moments de l’avènement de la Gauche. Empreints de nostalgie, Pierre Bergé et Mathieu Pigasse, riches organisateurs d’un soir, sont à l’initiative d’un grand concert populaire place de la Bastille comme en 1981. On distingue même des descendants de François Mitterrand parmi les candidats à l’investiture pour l’élection présidentielle de 2012.

Quelques années après le 10 mai 1981, la Gauche a déçu. C’est peut être même assez logique, car porteuse d’espoir elle ne pouvait que générer de la déception prise en étau entre les affres de la mondialisation. On ne peut nier pour autant tout ce qu’elle a apporté à notre pays de progrès social et de valeurs humaines. Alors, certains songent à son retour en fêtant ce trentième anniversaire.

Mais en partant à le recherche d’une Gauche qui n’existe plus, dans un monde qui a considérablement changé, n’est-ce pas encore ici le meilleur moyen de vivre une nouvelle déception ?

Tout reste à inventer, c’est le devoir des politiques.



A chacun ses rêves

Le mariage du prince William et de la très jolie Kate a attiré les foules soit dans la capitale londonienne soit devant les téléviseurs du monde entier. A l’heure où certains pays défendent âprement leurs droits à la démocratie, on peut se poser la question d’un tel engouement pour cet événement.

De très nombreuses jeunes filles rêvant d’un mariage avec un prince penseront s’inscrire l’année prochaine dans une université aussi huppée que celle de Saint-Andrew en Ecosse. Il y a un côté assez « kitch » qui revient au goût du jour. A croire que les années passant, les rêves demeurent toujours les mêmes pour petits et grands.

En France, nous aurions grand tort de nous moquer des passions surannées de nos amis de Grande Bretagne. Notre bonne vieille République, en nous rendant plus responsables de nos actes, nous éloigne des cérémonies nuptiales princières. Mais nous n’échappons pas pour autant à ce besoin de nous identifier à la vie des personnalités. Alors nous nous intéressons à la vie de nos responsables politiques qui s’apparentent à celle des « people ». DSK roulerait en Porsche Panamera tandis que Carla attendrait un enfant.

A chacun ses rêves.



Petite Poucette et Petit Poucet…

Le Monde a publié un bel article (édition du 7 mars 2011)de l’académicien Michel Serres, philosophe âgé de 81 ans. Ce dernier appelle notre attention sur la vitesse à laquelle le monde change. Avec beaucoup de talent, l’auteur démontre combien les pratiques ont pu évoluer, beaucoup plus vite en quelques années de notre début de siècle qu’en plusieurs centaines d’années des siècles précédents.

Baignés dans le virtuel, les jeunes d’aujourd’hui seraient déconnectés des sensations que procurent chez les plus anciens la lecture ou l’écriture. Ce serait prouvé scientifiquement, questions de neurones et de zones corticales excités différemment. L’Ecole n’aurait pas suivi cette évolution et une incompréhension se serait installée entre le corps enseignant et les jeunes. Ce ne serait pas la faute des enseignants mais celle des hauts responsables qui conçoivent les programmes de l’enseignement.

En réponse, le philosophe propose « d’inventer d’inimaginables nouveautés » : être inventifs, créatifs et conserver notre capacité à nous adapter. Modeste et généreux, Michel Serres comme philosophe accepte de porter cette responsabilité de ne pas avoir su entendre arriver le contemporain mais décide de faire confiance aux nouvelles générations. Ces générations qu’il nomme Petit Poucet et Petite Poucette pour savoir écrire les textos avec une grande dextérité du pouce.

Quelle belle démonstration nous est donnée par l’académicien originaire du Lot-et-Garonne. A travers son article, il nous dit de garder confiance aux jeunes générations qui nous succèdent même si elles paraissent céder trop facilement aux chants des sirènes d’un monde superficiel, consumériste, individualiste et narcissique. Il nous alerte enfin sur ces fortes mutations qu’il s’agit d’assumer sans renier le passé mais en regardant en face le présent.



Un marathon pour exister ?

Dimanche 10 avril a eu lieu le marathon de Paris. 40 000 coureurs ont arpenté les rues de la capitale sous un soleil éclatant. Si les premiers ont fini la course en un peu plus de 2 heures, les derniers auront certainement dépassé les 5 heures. Pour eux le temps n’est plus compté et le principal est d’atteindre la ligne d’arrivée, de devenir un « finisher » ce qui est déjà très bien.
Chaque année, les participants deviennent de plus en plus nombreux. Courir un marathon ne se résume pas simplement à affronter l’épreuve le jour J. Préparer un marathon demande des semaines d’entrainement, des centaines de kilomètres de course à pied, beaucoup de souffrance et d’engagement.
Pour quelle raison courir un marathon ?
Les réponses sont nombreuses : dépassement des limites physiques, développement du mental, défi personnel, travail de l’endurance, envie de participer à un événement attirant les foules et les passions.
Parmi les raisons évoquées se trouve aussi l’image de soi. Cette image rapproche le corps et l’esprit, la forme physique et la force mentale. L’image occupe une place importante de nos jours. Elle compte aussi bien pour les autres que pour soi-même. C’est une nouvelle manière d’exister. On pourrait exister autrement, c’est certain. Tout ceci est sûrement un signe de notre temps.
Celui-ci est tout de même positif.



Laïcité et modernité

Le débat sur la Laïcité s’ouvrira le 5 avril prochain à l’UMP, malgré les polémiques de tout bord et la tribune médiatique des représentants de la Conférence des responsables de culte en France manifestant leur doute sur l’initiative.
Il est certain que depuis le début du vingtième siècle, depuis l’édiction de la loi sur la Laïcité du 9 décembre 1905, notre société a changé. Cette loi garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes dans la vie privé. Elle interdit également le financement d’aucun culte par les deniers publics à l’exception des églises catholiques qui appartiennent au patrimoine public. Or, l’Islam représenterait aujourd’hui la seconde religion pratiquée en France et ses lieux de culte sont trop peu nombreux.
Il est important de respecter la loi sur la Laïcité, fondement de notre République, comme il est nécessaire de prendre en compte la pratique de l’Islam au risque de tourner le dos à de très nombreuses personnes de confession musulmane.

Alors pourquoi autant d’interrogations sur ce débat ?

Si les représentants des 6 principales religions en France, catholiques, musulmans, protestants, juifs, bouddhistes et orthodoxes, ont signé cette tribune dans le Monde c’est pour alerter contre les récupérations politiques, les logiques partisanes et les stigmatisations. Autrement dit, la nécessité d’un tel débat se fait réellement ressentir compte tenu de l’évolution de notre communauté mais elle devrait avoir lieu à un autre moment et dans un autre lieu. Ce débat devrait voir le jour à un moment plus éloigné des échéances électorales et dans un autre lieu qu’au sein d’un parti politique. Car il regarde le plus grand nombre d’entre nous.
Par la séparation de l’Etat et des églises la loi sur la Laïcité a su préserver les affaires de l’Etat en limitant les affaires religieuses à la sphère privée. Il serait bien que le débat sur la Laïcité puisse sortir des assemblées des partis politiques.



Changement de génération

C’est aujourd’hui le premier tour des élections cantonales. Ce type d’élections disparaitra très prochainement car il est prévu d’ici trois ans que les conseillers généraux laissent leurs places aux nouveaux conseillers territoriaux. Ces derniers siègeront alors aux sein des assemblées régionales et départementales. On parle d’économie des finances publiques, de cohérence institutionnelle et de réforme territoriale. Autant d’arguments discutables mais que l’on peut entendre. C’est aussi, et on en parle moins, la remise en jeu des pouvoirs locaux. Certains leadership locaux, qui avaient mis des dizaines d’années pour se construire, seront mis à mal. Les relais, les réseaux, les interactions se rétabliront suivant l’adage populaire « la nature a horreur du vide ». Mais il n’est pas certain que toutes les baronnies locales survivront à ce mouvement.
Ce sera peut-être la chance de voir arriver de nouvelles générations d’édiles, plus en phase avec nos contemporains et notre temps.



La clairvoyance d’un sage

Les forces du colonel Kadhafi s’approchent de Benghazi, la capitale des insurgés, alors que le Conseil de sécurité de l’ONU tergiverse encore à propos d’une éventuelle résolution. Dans quelques jours, ce sera trop tard pour l’espérance d’un peuple à recouvrer la liberté.
Avons-nous en réalité le droit d’intervenir dans un Etat et ce quelles que soient les très bonnes raisons qui pourraient nous y pousser ? C’est très certainement une des questions que doit se poser le Conseil de sécurité car en effet, ce qui se passerait en Libye pourrait bien faire jurisprudence dans le droit international.
J’invite les lecteurs à lire l’ouvrage de Stéphane Hessel qui s’intitule « Indignez vous ! ». Cet ouvrage écrit par un homme de 93 ans avait été remarqué par sa justesse avec l’actualité. Cette justesse se vérifie de nouveau concernant les événements en Libye.
Selon l’auteur, l’indifférence est la pire des attitudes. Toujours selon lui, l’engagement des Etats membres de l’ONU à faire respecter les droits universels serait la seule réponse contre la souveraineté d’un Etat qui lui permettrait ainsi de commettre en toute impunité des exactions contre son peuple.
L’auteur rappelle aussi que ces droits universels sont issus de la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par l’ONU le 10 décembre 1948.
Dont acte…



12345

Partner Solutions Télémarke... |
Association des maîtres-for... |
Chronique d'une éducatrice ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | www.ziga2011
| Gala Vendémiaire
| Concept Valley Caraïbes