A la recherche du sens

Le Printemps des comédiens à Montpellier présentait Gwenaël Morin, à l’initiative d’une expérience de Théâtre permanent. Durant plusieurs mois, le metteur en scène avec sa compagnie a investi les Laboratoires d’Aubervilliers dans un quartier populaire classé  selon les normes de la politique de la ville zone urbaine sensible. Durant ce temps, il est allé à la rencontre du non public, ceux qui ne vont pas au Théâtre parce qu’ils n’ont pas les moyens, parce qu’ils pensent ne pas être capables d’aimer, d’apprécier ou tout simplement de comprendre l’art dramatique.

Gwenaël Morin réfute la mission éducative d’apprentissage aux arts du spectacle vivant, à la résonance trop « colonialiste » selon lui. Le Théâtre permanent ne joue pas la générosité culturelle mais prône l’engagement total du comédien pour son art. Animer des ateliers, répéter et jouer des spectacles gratuits  tous les jours à longueur de temps permettrait de redonner du sens à l’artiste. Celui-ci joue alors dans un dépouillement total pour laisser place nette à l’acte de la parole et à l’énergie du comédien.

De façon générale nous avons tous la grande nécessité de donner du sens à notre quotidien. Les jeunes qui construisent leur avenir professionnel, les plus vieux qui sont à la recherche d’un second souffle, les fonctionnaires qui ont besoin de motivations, les spécialistes du soupir et de la mauvaise humeur, les forts en gueule et en inertie, même les joueurs de football de l’équipe de France de l’Euro 2012, nous devons tous avoir l’exigence de trouver du sens à ce que nous faisons.

Ce n’est pas toujours une tâche facile, mais elle est ô combien salvatrice.



Les élections contre l’austérité

Les Français ont élu leur président pour les 5 années à venir avec 51,63% des suffrages exprimés pour François Hollande et 48,37% pour Nicolas Sarkozy. C ‘est une élection nette et sans équivoque au profit du candidat socialiste qui bénéficie d’une légitimité face à la droite mais également face à ses partenaires du Front de Gauche et d’Europe Ecologie les Verts.

Cependant, une analyse plus approfondie nous fait constater une abstention à hauteur de 19,66% soit 9 millions d’électeurs. et surtout 2,1 millions de Français qui ont voté blanc ou nul. Parmi ces derniers, il y a un bon nombre d’électeurs du Front national (17,90% au premier tour) qui ont suivi la consigne de vote (blanc) pour le second tour. Un simple calcul indique par conséquent que le nouveau président a été élu seulement avec 48,68% des votants. Le nouveau président n’aurait donc pas obtenu la majorité des votants du second tour. Cette petite démonstration n’enlève en rien le mérite du vainqueur mais doit conduire les prochains responsables de l’Etat  à prendre toute la mesure de la perplexité affichée par un bon nombre de nos concitoyens, lors de cette élection présidentielle, devant les difficultés quotidiennes engendrées par les crises économiques et financières.

Il y avait un autre rendez-vous électoral en Europe ce dimanche 6 mai avec les élections législatives en Grèce. Les partis de la coalition d’union nationale, qui avaient négocié l’aide internationale en échange d’un plan d’austérité, le Pasok parti socialiste (13,18%) et la Nouvelle démocratie parti conservateur (18,85%), ont été désavoués puisqu’ensemble ils n’ont pas réussi à réunir une majorité de sièges notamment face au Syriza (16,78%)  parti d’extrême gauche et au Chyrssi Avghi (6,97%) parti néo-nazi. Le peuple grec a manifesté son rejet des mesures d’austérité imposées notamment par l’Union européenne en ouvrant la porte aux extrêmistes.

Bien entendu, il serait hasardeux d’établir un parallèle entre ces deux élections. Les situations économiques et politiques des 2 pays ne sont pas comparables.

Mais attention quand même…



Le socle républicain

Avec plus de 80% de participation au premier tour de l’élection présidentielle, les Français ont clairement démontré leur volonté de s’exprimer dans le choix du prochain président de la République. Il convient de s’en satisfaire.

L’entre deux tours est l’occasion pour les candidats en lice de gagner des suffrages pour faire la différence le 6 mai prochain. Les arguments et les stratagèmes sont nombreux. Il est important d’être attentif à leurs propositions sur l’équilibre des finances, sur le pacte social, sur le chômage, sur les enjeux du monde dans lequel évolue notre pays.

Oui, nous sommes une majorité à être d’accord sur l’impact des relations internationales, sur la prédominance de l’économie mondialisée. Nous sommes tout aussi d’accord sur la nécessité d’endiguer notre dette publique, de maîtriser notre déficit public pour être plus libres de notre destin. Nous sommes encore d’accord sur le maintien d’un état providence avec ses gages de solidarité nationale. En effet, nous avons tous été touchés par la maladie, le chômage, les incidents de parcours d’une vie. Nous sommes également tous préoccupés par l’éducation de nos enfants, le devenir de nos anciens, notre avenir professionnel et familial. Enfin, le coût de la vie et notre pouvoir d’achat nous préoccupent tout autant.

Mais cela n’est pas suffisant.

Il faut revoir notre organisation intitutionnelle afin de coller aux exigences du XXIème siècle. Un nouveau rapport entre le peuple et ses élites de notre pays doit être imaginé dans le cadre strict de nos valeurs républicaines et démocratiques. Cela permettra de relancer la dynamique de la confiance et du dialogue dont semblent manquer nos concitoyens auprès de leurs représentants. Cela leur permettra aussi de mieux comprendre les difficultés de l’action publique et de mieux envisager l’avenir ensemble. Cela permettra de mettre fin à une rupture entre les Français et leurs élites.

Cette rupture consommée est certainement une des causes des votes extrêmistes du premier tour mais pour autant peu de propositions sont faites dans ce domaine par les deux candidats.

Assurément, le socle républicain est à reconstruire.

 



Trop c’est trop

Une démocratie c’est le droit pour chacun de s’exprimer, d’avoir sa propre opinion, de débattre. C’est aussi le devoir d’écouter, d’accepter la contradiction, d’échanger. Pas de doute, nous sommes bien dans une démocratie.

Dans notre démocratie, les médias jouent forcément un rôle important au milieu de ce ballet d’idées, d’expressions et de convictions à partager. Leurs capacités à développer les arguments et à prendre position sont essentielles pour le citoyen qui veut savoir. Ils orientent nos points de vue par des commentaires ciselés et, il faut bien le dire, souvent partiaux. Il ne faut pas s’en alarmer, c’est le talent du journaliste et c’est au citoyen d’apprendre à interpréter l’information.

Acteur de la démocratie, les médias peuvent influer sur le moral  de chacun lorsqu’ils forcent parfois un peu trop le trait. Le réchauffement de la planète, les périodes de grand froid, les nappes phréatiques insuffisamment remplies, les attentats de Toulouse qui auraient sans doute pu être évités, la hausse inexorable du prix de l’essence, sont autant d’événements inquiétants dont il convient évidemment de nous alerter. Mais la persistance des commentaires négatifs ainsi qu’une trop forte résonance des problèmes de notre monde finissent par provoquer réellement une baisse du moral général. Même la récente baisse du déficit public ne peut faire l’objet de notre réjouissement car la dette publique continue de s’accroitre.

La succession des mauvaises nouvelles devrait nous interroger. Il est un moment où il faut garder une juste proportion des choses.

La démocratie a besoin des médias mais trop c’est trop.



« The Artist », le rêve américain à la française

Entre l’abaissement de la note de la Grèce en « SD » pour sélective défaut par Standard & Poor’s, la dérive du second paquebot de la compagnie Costa  après l’échouement d’un premier, les bombardements fratricides de Homs en Syrie, les blocages des métallurgistes de l’usine ArcelorMittal de Florange, l’augmentation insensée du prix du carburant, les mauvaises nouvelles affluent de jour en jour.

Un événement vient cependant nous réjouir en ces temps difficiles et moroses. Un acteur français au nom bien de chez nous, Dujardin cela ne s’invente pas, vient d’obtenir l’oscar du meilleur acteur. Mieux encore, le cinéma français est couronné de 5 oscars, les vrais : ceux d’Hollywood.

Une fierté nous gagne alors comme si tout n’était pas perdu. Les unes des journaux affichent l’événement avec en titre collectif « le Triomphe du cinéma français ».

Comment placer au même niveau les mauvaises nouvelles du monde et les oscars d’un film fut-il français ?

Le cinéma continue de faire rêver, c’est même la garantie d’une longévité assurée. Nous avons tous besoin d’apercevoir un coin de ciel bleu dans notre horizon et le succès de « The Artist » nous assure cet espace salvateur. Il n’y a qu’à constater les innombrables témoignages sur Facebook pour voir tout le bien que génère le succès du film.

Oui, les Français veulent du rêve dans leur quotidien. Puissent les candidats à l’élection présidentielle s’en inspirer.



Bonne année 2012

L’année 2012 sera une année de rendez-vous électoraux avec notamment l’élection présidentielle et les élections législatives qui suivront. Dans un climat morose, il s’agira pour les candidats de présenter absolument des programmes face à la crise, à la baisse du pouvoir d’achat, à la précarité du travail, toutes ces choses que l’on connait par coeur à force de rabâchage médiatique.

Nous avons compris que les candidats devront être crédibles auprès des Français après tant d’années de désillusion et de désenchantement. Ainsi leurs propositions devront être réalistes, réalisme dans les solutions à apporter aux problèmes socio-économiques identifiés, réalisme dans l’analyse de la situation internationale, réalisme dans les capacités de notre pays à pouvoir se redresser.

Mais cela ne suffira pas, les candidats auront une autre obligation. Une obligation presque antinomyque à la première. A côté du réalisme, il leur faudra faire rêver les Français car sans espérance point de salut.

Je vous conseille de lire l’excellent ouvrage de Bernard Guetta qui retranscrit les échanges entre Alain Juppé et Michel Rocard, deux anciens premiers ministres. Les échanges sont de haute volée, sans concessions ni sur les problèmes actuels et les traitements à appliquer ni sur leurs familles politiques et leurs manières de gérer. L’avant-propos est intéressant car il explique les circonstances qui sont à l’origine du livre. Le journaliste y indique également son approche personnelle des deux personnalités politiques. La fin de l’avant-propos donne le ton du livre et la dernière phrase le titre de l’ouvrage : « Leur dialogue est dense mais clair, exigeant et chaleureux, le contraire de faux-semblants de tribune – la politique telle qu’elle devrait être et meurt de ne pas être. » 

Le journaliste a mille fois raison. Pour autant entre rêve et réalisme, les électeurs ont toujours tranché en faveur du premier. Voilà pourquoi nos deux brillants intervenants n’ont jamais occupé la plus haute fonction de notre cher pays.

Bonne année 2012



Toile ou papier ?

Beaucoup de choses ont été écrites sur la disparition de France Soir version papier. C’est tout d’abord un drame pour les salariés . Notre attachement presque charnel avec le papier journal nous fait nous interroger sur la décision de retirer des kiosques le célèbre journal. Les nouvelles technologies feraient disparaitre peu à peu la presse écrite traditionnelle… La lecture des nouvelles de ce monde est bien plus rapide avec les nouveaux supports de communication tels que les smatphones et les tablettes numériques. C’est plus pratique d’être informé « en temps réel » sur les relations entre la France et la Turquie, sur les soulèvements en Syrie ou bien encore sur la colère du peuple russe contre le pouvoir en place.

La presse écrite n’est pas morte, elle a seulement changé de mode de communication de l’information en cherchant à s’adapter à ses lecteurs. Les nostalgiques seront désolés, les accros de la nouvelle technologie seront ravis, les amoureux de l’information regretteront des articles beaucoup moins léchés. Cette évolution est inéluctable mais elle nous conduira peu à peu à nous interroger sur des questions plus basiques : Comment dorénavant emballer nos oeufs frais du marché ? Comment allumer un feu de cheminée ? Comment faire pour paraitre intelligent en lisant l’information sur un téléphone portable plutôt que sur un journal en papier ?

Ce sera assurément un changement qui nous touchera plus qu’on ne le pense.



Le cas de la Grèce

La Grèce semble accepter l’aide de l’Union européenne assortie d’un plan de rigueur incontournable et difficile. Le vote de confiance du parlement et le sacrifice du Premier ministre Papandréou suffiront-ils à réconcilier les Grecs ? Rien n’est moins sûr tant la désillusion est profonde. Mais la Grèce n’est pas le seul pays en difficulté. L’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni, la France sont menacés de devoir subir à leur tour un régime de rigueur même si les situations sont assez différentes.
Peut-être nous sommes nous trop laissés aller dans le « tout est possible ». Il fallait bien finir par nous fixer des limites, limite à la dépense, limite à la spéculation financière et immobilière, limite aux exagérations de tout genre sans lendemain.
Le G20 à Cannes a sifflé le hors jeu de la Grèce mais il pourrait bien venir le tour d’autres pays.
Il est encore temps de rester humbles et modestes vis à vis de nos voisins, de reprendre les choses en main devant notre destin et de changer nos mentalités trop individualistes.



Le temps qui passe

Le temps s’écoule et nous ne le voyons pas passer. Activités et préoccupations de tous ordres occupent notre esprit et notre temps. Finalement il arrive un moment où un brin de lucidité nous freine quelque peu dans notre course. Ce peut être un événement personnel ou familial, un simple anniversaire. Cette escale nous autorise à regarder autour de nous et à constater que les choses changent et évoluent, que les gens grandissent et vieillissent. Ce rapport au temps, les anciens le maitrisaient car ils le considéraient comme nécessaire pour mieux observer les effets des années. Aujourd’hui, ce rapport est plus difficile à établir à cause de nos modes de vie toujours plus rapides et toujours plus égocentriques. Le plongeon dans le vide est alors vertigineux.
Il faudrait réapprendre à apprécier le temps qui passe.



Les primaires et le reste

Des primaires sont lancées depuis quelques semaines. Les 9 et 16 octobre, le candidat socialiste à la présidence de la République sera choisi. Ces élections sont celles de tous les Français à condition de s’affranchir d’une somme de 1 euro et de signer la Charte d’adhésion aux valeurs de la Gauche. De nombreuses questions se posent sur les principes de ces primaires. Malgré les imperfections, ces primaires sont une belle avancée de démocratie. C’est aussi une belle stratégie politique en produisant une image très positive de la Gauche, posée et réfléchie, alors qu’à Droite les affaires ne cessent d’apparaitre au grand jour. C’est enfin une bonne caisse de résonance médiatique à quelques mois de la campagne présidentielle.
Pour autant, tout restera à faire ensuite. Les jeux quelque peu feutrés de la démocratie interne au sein d’un parti n’ont rien à voir avec les chocs frontaux d’une campagne électorale dure et difficile. Il faudra sortir des postures idéologiques pour entrer dans les débats de fond sur des thèmes forts comme le chômage, la précarité, la pauvreté, l’insécurité, la solidarité intergénérationelle, la crise économique et financière, la soutenabilité des finances publiques. Il s’agira de défendre âprement ses idées pour convaincre les Français qu’un avenir meilleur les attend.
C’est une tâche peu aisée qui guette le vainqueur des primaires. Il lui faudra beaucoup de courage et de talent.



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