Le Magnifique

Voici un très bel hommage de François Morel et de Patrick Cohen rendu ce matin à Jean-Paul Belmondo sur les ondes de France Inter.

A l’occasion des 80 ans de l’acteur, France Inter a publié une interview entrecoupée d’extraits de films et de témoignages qui nous ont ramenés quelques décennies en arrière. Instant de nostalgie, d’émotion, de drôlerie, de tendresse, c’était un excellent moment…

Qu’est-ce qu’on peut lui souhaiter pour son anniversaire ? La vie, la vie, la vie… répond-t-il !

La chronique qui a suivi sur les accents de Jean Gabin fut tout aussi chargée d’émotion.

Très beau clin d’oeil à l’un des plus grands acteurs français.

A partager en podcast.



Le parjure

L’annonce serait parue hier, nous aurions cru à un poisson d’avril tellement celle-ci a été inattendue et incroyable. Dans son blog, Jérôme Cahuzac a avoué l’existence d’un compte à l’étranger créditant du même coup les informations de Médiapart.

Il s’agit d’un mensonge  retentissant dans le monde politique. Mensonge retentissant pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la personnalité de l’ancien ministre du Budget, véritable pièce maîtresse du Gouvernement, pèse beaucoup sur l’image du pouvoir en place. Ensuite les scènes de démenti de l’intéressé, que ce soit à l’Assemblée nationale ou bien sur les plateaux de télévisions, ont touché le plus grand nombre en France comme à l’étranger. Enfin, ce mensonge révélé vient alimenter la thèse « des tous pourris » mettant à mal le monde politique déjà en difficulté.

Mais alors, à qui incombent les responsabilités d’un tel mensonge ?

La responsabilité échoit bien évidemment à l’intéressé. Cette responsabilité est à la fois morale, juridique et politique.

Le président de la République et le chef du Gouvernement ne sont en rien responsables du mensonge d’un ancien membre de leur équipe, si illustre soit-il. Ils ont cependant pris l’engagement de défendre une République exemplaire.

C’est peut-être ici l’essentiel de leur responsabilité.



Le mariage pour tous, une priorité ?

Présenter une analyse complète sur le mariage pour tous et ses conséquences parait audacieux voire impossible tant le sujet est complexe, vaste et sensible. Pour autant, comment notre blog pourrait-il ne pas en parler alors que sa vocation est de publier des billets sur le thème du vivre ensemble ?

Risquons-nous et soyons audacieux ou bien imprudents pour quelques lignes…

Le mariage pour tous est un vrai mauvais sujet. Tout d’abord, parce que son origine relève d’une très mauvaise raison : c’était un argument politique de taille lors de la campagne de la présidentielle de 2012. Or, comme pour tout argument de cette nature, le coup médiatique a été privilégié sur le fond. Il est difficile maintenant de sortir des petites phrases, des postures et des grands principes qui rythment les débats au sein du Parlement, hier à l’Assemblée nationale et demain au Sénat.

Si le fond avait été fouillé, si réellement la question avait été de marquer des points sur cette très importante question du savoir vivre ensemble, nous nous serions attardés sur le cas des 2,5 millions d’enfants qui, parce qu’ils n’ont pas de parents, ne peuvent être élevés par des hommes et des femmes légitimes à exercer l’autorité parentale. C’est le problème épineux du droit des tiers qui concerne les grand-parents, les beaux-parents, des personnes responsables qui élèvent un enfant qui n’est pas le leur par le sang. Voici en quelques mots la position tenue par Jean-Pierre Rosenczveig, président du Tribunal pour enfants de Bobigny.

Au lieu de cela, il semble qu’on ajoute de la confusion dans notre société qui est déjà en mal de repères.  Le mariage pour tous conduira forcément à l’adoption ou bien à la procréation médicalement assistée. Quel lien l’enfant peut établir avec ses parents biologiques et adoptifs ? La réponse n’est pas évidente, elle le sera encore moins avec des parents homosexuels, dont la capacité à élever des enfants n’est absolument pas remise en cause, pour lesquels nous n’avons pas été à l’essentiel pour  accepter leur droit à la différence dans notre éducation, notre milieu professionnel.

Il aurait fallu réfléchir sur ces quelques points et sur bien d’autres très certainement avant de se poser la question du mariage pour tous.

En d’autres termes, comme le dit Rosenczveig, il aurait été plus judicieux de commencer « à donner aux enfants des parents responsables avant de songer à donner des enfants aux couples homosexuels ».

 

 



L’acteur et le citoyen

Les aventures de Gérard Depardieu ne cessent de rebondir. De la rue du Cherche-midi à la Mordovie en passant par Néchin en Belgique, l’acteur fait l’objet de commentaires plutôt peu aimables sur ses supposés lieux de déménagement pour exil fiscal. Les positions sont très différentes voire parfois opposées.

Mais qu’attendons-nous exactement d’un acteur ?

Savoir interpréter ses personnages avec la plus grande justesse ? Porter un message politique du fait de ses propres convictions ? Soutenir les causes les plus généreuses grâce à sa notoriété ? Etre un exemple de moralité pour ses concitoyens ?

Voici un amalgame de genres et de rôles un peu trop lourd à supporter pour un seul homme.

Un acteur devrait seulement jouer car dès qu’il utilise son image  publique sur la scène politique, il s’engage sur un terrain glissant qu’il ne maîtrise pas. Les médias devraient arrêter de donner autant d’échos aux frasques d’un artiste et le public ferait mieux d’avoir plus de recul sur leurs commentaires.

Tout d’abord le principal intéressé a déclaré qu’il restera français. Ensuite, la mesure de taxation à 75% les revenus supérieurs à 1 millions d’euros vient d’être rejetée par le Conseil constitutionnel.

Depardieu provoque pour des raisons qui lui sont personnelles (voir l’article signé par Catherine Deneuve sur Libération du 21/12/2012). Ce qu’il décide de faire au regard de la fiscalité française le regarde. C’est une affaire entre lui et sa conscience de citoyen.

Il dispose sans nul doute d’un très grand talent.

Cela aurait du, comme à nous, lui suffire.

 

 



La tête de Saint-Denis

Il y a quelques mois je vous parlais de Michel Serres et de son intérêt porté sur les jeunes adeptes des sms surnommés « petite poucette ». La lecture de son ouvrage éponyme est intéressante sur de nombreux points nous faisant comprendre l’évolution de notre société et l’arrivée d’une jeune génération beaucoup plus portée sur l’Internet que sur le Livre.

L’auteur illustre son propos avec la Légende Dorée de Saint-Denis. Celui-ci condamné à se faire trancher la tête au sommet de Montmartre est exécuté en cours de chemin par les légionnaires romains. Mais il se relève pour continuer son parcours sa tête sous le bras. La jeune génération aurait déposé sa tête à côté d’elle en utilisant des objets qui lui permettent d’accéder très rapidement à des connaissances élargies. La réflexion se fait par   »portable » interposé. C’est aussi l’adolescent qui invite son ami à se téléphoner pour fixer l’heure d’un prochain rendez-vous comme s’ils ne pouvaient le décider sur le champ et de visu.

L’écrivain ne porte pas un regard pessimiste sur la génération de « petite poucette ». Bien au contraire, il est confiant sur son intelligence, son inventivité, sa rapidité d’action et de réflexion (grâce au moteur de recherche). Un monde nouveau est en train de naitre, se détachant de l’ancien format que représentait la page du livre.

Je rejoins cette confiance en « petite poucette », mais reste perplexe sur la manière dont se façonneront son intelligence, sa capacité d’analyse, sa structure de pensée.



Entre vitesse et précipitation

Le Premier  ministre vient de passer une mauvaise journée. Reçu sur France Inter en début de matinée, Jean-Marc Ayrault se prenait les pieds dans le tapis pour avoir annoncé la décision du Conseil constitutionnel à propos de la loi Duflot alors qu’aucune position n’avait encore été prise à ce sujet. Cette loi sur le logement social a bien été recalée par le conseil des sages pour ne pas avoir été suffisamment consultée par les sénateurs. Mais le Conseil constitutionnel a statué quelques heures après l’interview de France Inter, dans la soirée.

Plus essentiel, si la loi a été censurée sur la forme elle présente des points de faiblesse sur le fond. Elle propose la cession de terrains gratuite ou à moindre coût aux collectivités locales afin de construire des logements sociaux. En contrepartie, le taux de logements sociaux à respecter par les collectivités est porté de 20 à 25% et les sanctions financières sont multipliées par 5.  C’est un rapide calcul qui ne prend pas en compte tous les frais annexes à la construction des logements sociaux comme le financement des voiries et des réseaux. Ces frais représentent des coûts très élevés pour les collectivités. Certaines d’entre elles cèdent même à l’euro symbolique leurs terrains disposés à recevoir de l’habitat social. Un bon nombre n’atteindra pas le quota des 25%. Comment faire payer des collectivités qui bénéficient de moins en moins des  dotations de l’Etat pour assurer des services publics qu’il faudra nécessairement renforcer à la suite de la réalisation de logements sociaux supplémentaires ?

La question de l’habitat social mérite que l’on s’y attarde parce qu’elle est primordiale pour notre société.

Décidément, il semble que l’on soit allé vraiment trop vite sur ce sujet.



Tout l’amour du monde

De retour de vacances depuis déjà quelques semaines comme pour la plupart d’entre vous, je pense encore aux beaux jours d’été passés en famille et au calme. Durant cet intermède estival, j’ai lu la réédition de « Tout l’amour du monde » récits écrits en 1955 par Michel Déon. J’ai passé de très bons moments à lire cet écrivain dont les points de vue, toujours de bon sens, sont développés avec tant de talent que je voudrais en partager avec vous à travers quelques lignes.

« … J’ai beaucoup regardé à la table en face de la mienne une jeune femme qui possédait ce que j’appelle la grâce espagnole, c’est-à-dire la grâce des mains.Les plus belles mains du monde se trouvent dans votre pays. Je n’ai pas souvenir d’une main espagnole qui ne sache parfaitement tenir ses couverts, se poser sur une nappe blanche, souligner un mot, porter une bague, qu’il s’agisse de la main d’une femme du peuple ou d’une aristocrate. Il faut voir les touristes anglaises, françaises ou allemandes s’efforcer, aux arènes, de manier l’éventail comme une Andalouse ou une Castillane pour comprendre que cet art subtil tient de la prestidigitation. Des mains qui ont été dressées dès l’enfance à plier ou à déplier un éventail d’un petit coup sec, à battre la mesure avec des castagnettes, à claquer des doigts, acquièrent une élégance et une aisance incomparables dans la vie… Depuis je n’ai jamais cessé d’épier les mains qui ne trahissent pas. Elles annoncent tout le reste : le caractère et le corps… »



Les élections contre l’austérité

Les Français ont élu leur président pour les 5 années à venir avec 51,63% des suffrages exprimés pour François Hollande et 48,37% pour Nicolas Sarkozy. C ‘est une élection nette et sans équivoque au profit du candidat socialiste qui bénéficie d’une légitimité face à la droite mais également face à ses partenaires du Front de Gauche et d’Europe Ecologie les Verts.

Cependant, une analyse plus approfondie nous fait constater une abstention à hauteur de 19,66% soit 9 millions d’électeurs. et surtout 2,1 millions de Français qui ont voté blanc ou nul. Parmi ces derniers, il y a un bon nombre d’électeurs du Front national (17,90% au premier tour) qui ont suivi la consigne de vote (blanc) pour le second tour. Un simple calcul indique par conséquent que le nouveau président a été élu seulement avec 48,68% des votants. Le nouveau président n’aurait donc pas obtenu la majorité des votants du second tour. Cette petite démonstration n’enlève en rien le mérite du vainqueur mais doit conduire les prochains responsables de l’Etat  à prendre toute la mesure de la perplexité affichée par un bon nombre de nos concitoyens, lors de cette élection présidentielle, devant les difficultés quotidiennes engendrées par les crises économiques et financières.

Il y avait un autre rendez-vous électoral en Europe ce dimanche 6 mai avec les élections législatives en Grèce. Les partis de la coalition d’union nationale, qui avaient négocié l’aide internationale en échange d’un plan d’austérité, le Pasok parti socialiste (13,18%) et la Nouvelle démocratie parti conservateur (18,85%), ont été désavoués puisqu’ensemble ils n’ont pas réussi à réunir une majorité de sièges notamment face au Syriza (16,78%)  parti d’extrême gauche et au Chyrssi Avghi (6,97%) parti néo-nazi. Le peuple grec a manifesté son rejet des mesures d’austérité imposées notamment par l’Union européenne en ouvrant la porte aux extrêmistes.

Bien entendu, il serait hasardeux d’établir un parallèle entre ces deux élections. Les situations économiques et politiques des 2 pays ne sont pas comparables.

Mais attention quand même…



Le socle républicain

Avec plus de 80% de participation au premier tour de l’élection présidentielle, les Français ont clairement démontré leur volonté de s’exprimer dans le choix du prochain président de la République. Il convient de s’en satisfaire.

L’entre deux tours est l’occasion pour les candidats en lice de gagner des suffrages pour faire la différence le 6 mai prochain. Les arguments et les stratagèmes sont nombreux. Il est important d’être attentif à leurs propositions sur l’équilibre des finances, sur le pacte social, sur le chômage, sur les enjeux du monde dans lequel évolue notre pays.

Oui, nous sommes une majorité à être d’accord sur l’impact des relations internationales, sur la prédominance de l’économie mondialisée. Nous sommes tout aussi d’accord sur la nécessité d’endiguer notre dette publique, de maîtriser notre déficit public pour être plus libres de notre destin. Nous sommes encore d’accord sur le maintien d’un état providence avec ses gages de solidarité nationale. En effet, nous avons tous été touchés par la maladie, le chômage, les incidents de parcours d’une vie. Nous sommes également tous préoccupés par l’éducation de nos enfants, le devenir de nos anciens, notre avenir professionnel et familial. Enfin, le coût de la vie et notre pouvoir d’achat nous préoccupent tout autant.

Mais cela n’est pas suffisant.

Il faut revoir notre organisation intitutionnelle afin de coller aux exigences du XXIème siècle. Un nouveau rapport entre le peuple et ses élites de notre pays doit être imaginé dans le cadre strict de nos valeurs républicaines et démocratiques. Cela permettra de relancer la dynamique de la confiance et du dialogue dont semblent manquer nos concitoyens auprès de leurs représentants. Cela leur permettra aussi de mieux comprendre les difficultés de l’action publique et de mieux envisager l’avenir ensemble. Cela permettra de mettre fin à une rupture entre les Français et leurs élites.

Cette rupture consommée est certainement une des causes des votes extrêmistes du premier tour mais pour autant peu de propositions sont faites dans ce domaine par les deux candidats.

Assurément, le socle républicain est à reconstruire.

 



Trop c’est trop

Une démocratie c’est le droit pour chacun de s’exprimer, d’avoir sa propre opinion, de débattre. C’est aussi le devoir d’écouter, d’accepter la contradiction, d’échanger. Pas de doute, nous sommes bien dans une démocratie.

Dans notre démocratie, les médias jouent forcément un rôle important au milieu de ce ballet d’idées, d’expressions et de convictions à partager. Leurs capacités à développer les arguments et à prendre position sont essentielles pour le citoyen qui veut savoir. Ils orientent nos points de vue par des commentaires ciselés et, il faut bien le dire, souvent partiaux. Il ne faut pas s’en alarmer, c’est le talent du journaliste et c’est au citoyen d’apprendre à interpréter l’information.

Acteur de la démocratie, les médias peuvent influer sur le moral  de chacun lorsqu’ils forcent parfois un peu trop le trait. Le réchauffement de la planète, les périodes de grand froid, les nappes phréatiques insuffisamment remplies, les attentats de Toulouse qui auraient sans doute pu être évités, la hausse inexorable du prix de l’essence, sont autant d’événements inquiétants dont il convient évidemment de nous alerter. Mais la persistance des commentaires négatifs ainsi qu’une trop forte résonance des problèmes de notre monde finissent par provoquer réellement une baisse du moral général. Même la récente baisse du déficit public ne peut faire l’objet de notre réjouissement car la dette publique continue de s’accroitre.

La succession des mauvaises nouvelles devrait nous interroger. Il est un moment où il faut garder une juste proportion des choses.

La démocratie a besoin des médias mais trop c’est trop.



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