La SaintéLyon, c’est possible !

La SaintéLyon demande une certaine dose d’inconscience, beaucoup d’entrainement et de mental pour parcourir les 76 km de nuit, à travers les Monts du Lyonnais, par -5°. Pour les meilleurs, il s’agit de réaliser le temps le plus court (le gagnant a fait près de 5H30) tandis que pour les plus modestes, le gros de la troupe, il s’agit de terminer en dessous de la limite des 15 heures de course pour obtenir le graal de finisher.

6 000 coureurs se sont engagés dans cette course difficile. 700 ont abandonné. Avons-nous à faire à 6 000 inconscients ?

Nous pouvons dire que les 6 000 participants étaient partis à minuit de Saint-Etienne, pour ainsi dire, à la recherche d’eux-mêmes. L’effort physique était à la hauteur de la concentration des coureurs. Le public nombreux, malgré le froid et l’heure tardive des passages, a pu constater le silence qui entourait  la longue file illuminée des lampes frontales. Pas un mot mais une force intérieure se dégageait des trailers qui empruntaient les sentiers de la SaintéLyon. Cette forte impression, renforcée par la nuit et les pas feutrés sur la neige ou sur les tapis de feuilles mortes, s’est maintenue jusqu’au petit matin.

La SaintéLyon a permis à chacun d’aller à la rencontre de soi-même en s’isolant au milieu de la foule. Elle a permis le dépassement de soi mentalement et physiquement à cause du froid, du gel, du brouillard givrant, de l’humidité, des chutes, des côtes (1800 m de dénivelé positif). Elle a été l’occasion d’une communion avec la nature en traversant les bois, en longeant les ruisseaux et les ravins, en affrontant les reliefs accidentés neigeux, boueux et verglacés. Elle a été des moments de solidarité entre coureurs avec des gestes d’attention et de soutien pour ceux arrêtés sur le bord des chemins, enveloppés de leur couverture de survie en attendant les secours, pour les autres victimes de chutes douloureuses et pestant contre cette idée bien saugrenue de s’être engagés dans une si mauvaise aventure. Elle a été un objectif à atteindre qui a décuplé les motivations et les envies durant des mois de préparation.

La SaintéLyon est une course adulée par de nombreux coureurs en mal d’émotion parce qu’elle est l’occasion de sortir de son quotidien et de se prouver à soi-même que l’impossible peut devenir un jour possible.



Allez Mimoun !

Alain Mimoun nous a quitté. C’est un grand sportif de la course à pied qui vient de disparaitre. Le médaillé olympique au Marathon des Jeux de Melbourne en 1956 n’a cessé de courir… simplement par plaisir.

Gentil et modeste, il aimait les manifestations d’encouragement venant de la foule. C’était vraiment un grand monsieur qui est entré peu à peu dans la conscience collective. Pour encourager le sportif dans l’effort, il était régulier de lâcher un « Allez Mimoun ! »

Il y a quelques années, la revue « Jogging » avait fait un reportage sur Mimoun puisqu’il était un exemple pour un bon nombre d’adeptes de la course à pied. Il continuait de courir ses 10 kilomètres par jour, toujours par plaisir, par envie. C’est formidable d’avoir encore envie à cet âge. C’est insolent d’avoir la forme physique et le moral comme il pouvait les avoir encore à 90 ans.

On lui souhaite de très belles foulées là où il se trouve désormais…

Allez Mimoun !



A la recherche du sens

Le Printemps des comédiens à Montpellier présentait Gwenaël Morin, à l’initiative d’une expérience de Théâtre permanent. Durant plusieurs mois, le metteur en scène avec sa compagnie a investi les Laboratoires d’Aubervilliers dans un quartier populaire classé  selon les normes de la politique de la ville zone urbaine sensible. Durant ce temps, il est allé à la rencontre du non public, ceux qui ne vont pas au Théâtre parce qu’ils n’ont pas les moyens, parce qu’ils pensent ne pas être capables d’aimer, d’apprécier ou tout simplement de comprendre l’art dramatique.

Gwenaël Morin réfute la mission éducative d’apprentissage aux arts du spectacle vivant, à la résonance trop « colonialiste » selon lui. Le Théâtre permanent ne joue pas la générosité culturelle mais prône l’engagement total du comédien pour son art. Animer des ateliers, répéter et jouer des spectacles gratuits  tous les jours à longueur de temps permettrait de redonner du sens à l’artiste. Celui-ci joue alors dans un dépouillement total pour laisser place nette à l’acte de la parole et à l’énergie du comédien.

De façon générale nous avons tous la grande nécessité de donner du sens à notre quotidien. Les jeunes qui construisent leur avenir professionnel, les plus vieux qui sont à la recherche d’un second souffle, les fonctionnaires qui ont besoin de motivations, les spécialistes du soupir et de la mauvaise humeur, les forts en gueule et en inertie, même les joueurs de football de l’équipe de France de l’Euro 2012, nous devons tous avoir l’exigence de trouver du sens à ce que nous faisons.

Ce n’est pas toujours une tâche facile, mais elle est ô combien salvatrice.



Bonne année 2012

L’année 2012 sera une année de rendez-vous électoraux avec notamment l’élection présidentielle et les élections législatives qui suivront. Dans un climat morose, il s’agira pour les candidats de présenter absolument des programmes face à la crise, à la baisse du pouvoir d’achat, à la précarité du travail, toutes ces choses que l’on connait par coeur à force de rabâchage médiatique.

Nous avons compris que les candidats devront être crédibles auprès des Français après tant d’années de désillusion et de désenchantement. Ainsi leurs propositions devront être réalistes, réalisme dans les solutions à apporter aux problèmes socio-économiques identifiés, réalisme dans l’analyse de la situation internationale, réalisme dans les capacités de notre pays à pouvoir se redresser.

Mais cela ne suffira pas, les candidats auront une autre obligation. Une obligation presque antinomyque à la première. A côté du réalisme, il leur faudra faire rêver les Français car sans espérance point de salut.

Je vous conseille de lire l’excellent ouvrage de Bernard Guetta qui retranscrit les échanges entre Alain Juppé et Michel Rocard, deux anciens premiers ministres. Les échanges sont de haute volée, sans concessions ni sur les problèmes actuels et les traitements à appliquer ni sur leurs familles politiques et leurs manières de gérer. L’avant-propos est intéressant car il explique les circonstances qui sont à l’origine du livre. Le journaliste y indique également son approche personnelle des deux personnalités politiques. La fin de l’avant-propos donne le ton du livre et la dernière phrase le titre de l’ouvrage : « Leur dialogue est dense mais clair, exigeant et chaleureux, le contraire de faux-semblants de tribune – la politique telle qu’elle devrait être et meurt de ne pas être. » 

Le journaliste a mille fois raison. Pour autant entre rêve et réalisme, les électeurs ont toujours tranché en faveur du premier. Voilà pourquoi nos deux brillants intervenants n’ont jamais occupé la plus haute fonction de notre cher pays.

Bonne année 2012



Le temps qui passe

Le temps s’écoule et nous ne le voyons pas passer. Activités et préoccupations de tous ordres occupent notre esprit et notre temps. Finalement il arrive un moment où un brin de lucidité nous freine quelque peu dans notre course. Ce peut être un événement personnel ou familial, un simple anniversaire. Cette escale nous autorise à regarder autour de nous et à constater que les choses changent et évoluent, que les gens grandissent et vieillissent. Ce rapport au temps, les anciens le maitrisaient car ils le considéraient comme nécessaire pour mieux observer les effets des années. Aujourd’hui, ce rapport est plus difficile à établir à cause de nos modes de vie toujours plus rapides et toujours plus égocentriques. Le plongeon dans le vide est alors vertigineux.
Il faudrait réapprendre à apprécier le temps qui passe.



Le théâtre, garant de nos consciences.

Dans ce monde bouleversé par des difficultés de tous ordres, le théâtre a su perdurer. Les hommes auraient-ils eu autant besoin de divertissements à travers les siècles pour que le théâtre continuât d’exister ?
Et aujourd’hui à quel avenir le théâtre peut-il prétendre dans un monde qui laisse autant de place à l’image ?
Dans une récente interview, Jacques Lassale,homme de théâtre complet (metteur en scène, auteur, acteur), expliquait avec convictions sa passion pour cet art. Il expliquait sa vision du monde. Vision étonnamment réaliste et précise. Telle était ainsi sa vision de la Pologne, pays à l’histoire déchirée, torturée. Il s’attarda sur la force de l’acteur polonais qui montait sur scène courageux et fier de la parole qu’il pouvait prendre après tant d’années de persécution et de censure.
Servir fidèlement un texte ce serait prendre l’engagement de s’oublier, d’oublier son égo. Cela relève d’une performance chez l’acteur qui aime être admiré. Ce serait également se servir de sa conscience citoyenne pour alerter le peuple des travers de notre société.
Cette quête de sens est finalement nécessaire dans tous les domaines et chez chaque individu. Il suffit de rester éveillé et de regarder autour de soi.
C’est à la fois simple et compliqué.
C’est peut-être la raison pour laquelle le théâtre continue d’exister.



Bon anniversaire

Voici trente ans la Gauche arrivait au pouvoir. Avec elle de nombreux espoirs voyaient le jour. Certains ont été réalisés comme l’abolition de la peine de mort, la retraite à 60 ans et la semaine à 39 heures. Un plan de relance était lancé à l’encontre des politiques économiques des autres pays européens. C’était risqué et c’était volontaire. Le pays s’accordait des libertés car tout semblait subitement possible.

Aujourd’hui, les médias rappellent l »événement comme s’il s’agissait de la Libération de Paris. A renfort de témoignages des acteurs de l’époque, ils retracent les principaux moments de l’avènement de la Gauche. Empreints de nostalgie, Pierre Bergé et Mathieu Pigasse, riches organisateurs d’un soir, sont à l’initiative d’un grand concert populaire place de la Bastille comme en 1981. On distingue même des descendants de François Mitterrand parmi les candidats à l’investiture pour l’élection présidentielle de 2012.

Quelques années après le 10 mai 1981, la Gauche a déçu. C’est peut être même assez logique, car porteuse d’espoir elle ne pouvait que générer de la déception prise en étau entre les affres de la mondialisation. On ne peut nier pour autant tout ce qu’elle a apporté à notre pays de progrès social et de valeurs humaines. Alors, certains songent à son retour en fêtant ce trentième anniversaire.

Mais en partant à le recherche d’une Gauche qui n’existe plus, dans un monde qui a considérablement changé, n’est-ce pas encore ici le meilleur moyen de vivre une nouvelle déception ?

Tout reste à inventer, c’est le devoir des politiques.



Un marathon pour exister ?

Dimanche 10 avril a eu lieu le marathon de Paris. 40 000 coureurs ont arpenté les rues de la capitale sous un soleil éclatant. Si les premiers ont fini la course en un peu plus de 2 heures, les derniers auront certainement dépassé les 5 heures. Pour eux le temps n’est plus compté et le principal est d’atteindre la ligne d’arrivée, de devenir un « finisher » ce qui est déjà très bien.
Chaque année, les participants deviennent de plus en plus nombreux. Courir un marathon ne se résume pas simplement à affronter l’épreuve le jour J. Préparer un marathon demande des semaines d’entrainement, des centaines de kilomètres de course à pied, beaucoup de souffrance et d’engagement.
Pour quelle raison courir un marathon ?
Les réponses sont nombreuses : dépassement des limites physiques, développement du mental, défi personnel, travail de l’endurance, envie de participer à un événement attirant les foules et les passions.
Parmi les raisons évoquées se trouve aussi l’image de soi. Cette image rapproche le corps et l’esprit, la forme physique et la force mentale. L’image occupe une place importante de nos jours. Elle compte aussi bien pour les autres que pour soi-même. C’est une nouvelle manière d’exister. On pourrait exister autrement, c’est certain. Tout ceci est sûrement un signe de notre temps.
Celui-ci est tout de même positif.



Comment ça va docteur ?

La démission de Karl-Theodor zu Guttenberg, ministre de la défense allemand pose 3 questions de fond sur nos sociétés modernes.
Tout d’abord, la question de la réussite sociale. Le titre de docteur de l’université de Bayreuth était-il vraiment nécessaire à l’ascension du ministre, qui a révélé des qualités indéniables au commande d’une importante réforme de la Bundeswehr ? A croire que titres et diplômes sont indissociables d’une ascension sociale.
Ensuite, la question de la place de l’Internet dans notre monde moderne qui est de plus en plus avérée. Après le rôle crucial joué dans les révoltes du monde arabe, l’Internet , n’épargne pas non plus les pays européens. Il intronise et destitue à volonté. Est-ce à tout réfléchir une réelle avancée pour nos démocraties ?
Enfin, comment peut-on présenter une thèse de doctorat plagiée au trois quart alors que l’on envisage de participer aux plus hautes responsabilités politiques ? C’est prêter peu de cas à la recherche scientifique comme à la politique, deux notions fortes de nos sociétés. L’une nous donne les clés d’une meilleure connaissance de notre monde tandis que l’autre décide de ce qu’il peut devenir. Des notions qui demandent du respect comme du sérieux.



Le principe du concours

Passer un concours n’est jamais chose aisée. Il faut se préparer, bachoter, travailler énormément. Le jour venu, la rencontre avec le jury est souvent précédée d’une grosse poussée d’adrénaline. Le tract disparait dès les premiers instants de prise de parole. Les mots se suivent les uns après les autres. L’échange s’active puis connait des zones de répit pour repartir de plus belle selon les questions de vos interlocuteurs. A la fin, une impression de plénitude vous remplit. Vous avez le sentiment d’avoir fait votre possible, d’avoir rempli votre contrat. Est-ce que cela sera suffisant pour réussir le concours ? Aucune idée et aussi aucun intérêt pour l’instant car l’impression d’avoir tout donné vous protège d’éventuels regrets. De toute manière, vous aurez toujours l’année prochaine pour retenter votre chance…



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