Petite Poucette et Petit Poucet…

Le Monde a publié un bel article (édition du 7 mars 2011)de l’académicien Michel Serres, philosophe âgé de 81 ans. Ce dernier appelle notre attention sur la vitesse à laquelle le monde change. Avec beaucoup de talent, l’auteur démontre combien les pratiques ont pu évoluer, beaucoup plus vite en quelques années de notre début de siècle qu’en plusieurs centaines d’années des siècles précédents.

Baignés dans le virtuel, les jeunes d’aujourd’hui seraient déconnectés des sensations que procurent chez les plus anciens la lecture ou l’écriture. Ce serait prouvé scientifiquement, questions de neurones et de zones corticales excités différemment. L’Ecole n’aurait pas suivi cette évolution et une incompréhension se serait installée entre le corps enseignant et les jeunes. Ce ne serait pas la faute des enseignants mais celle des hauts responsables qui conçoivent les programmes de l’enseignement.

En réponse, le philosophe propose « d’inventer d’inimaginables nouveautés » : être inventifs, créatifs et conserver notre capacité à nous adapter. Modeste et généreux, Michel Serres comme philosophe accepte de porter cette responsabilité de ne pas avoir su entendre arriver le contemporain mais décide de faire confiance aux nouvelles générations. Ces générations qu’il nomme Petit Poucet et Petite Poucette pour savoir écrire les textos avec une grande dextérité du pouce.

Quelle belle démonstration nous est donnée par l’académicien originaire du Lot-et-Garonne. A travers son article, il nous dit de garder confiance aux jeunes générations qui nous succèdent même si elles paraissent céder trop facilement aux chants des sirènes d’un monde superficiel, consumériste, individualiste et narcissique. Il nous alerte enfin sur ces fortes mutations qu’il s’agit d’assumer sans renier le passé mais en regardant en face le présent.



1 commentaire

  1. ensemblecestnous 21 mai

    Michel Serres dit des choses justes mais je crois qu’elles s’étendent à toutes les générations. Les gens plus agés résistent toujours au changement car ils veulent garder le contrôle et pour cela rien n’est mieux pour eux que de lutter pour préserver un monde dont ils maîtrisent les arcanes.

    Alors les jeunes se font mettre en boite (littéralement …. puisqu’ils bossent pour une boite), plier pour rentrer dans le moule, jusqu’à ce que vers 27-30 ans ils se trouvent résignés à abandonner les rêves qu’on ne leurs a pas laissés étreindre.

    Ca a pour résultat de perpétuer un monde de merde avec des gens malheureux. Et de fait, les mêmes erreurs sont répétées quelle que soit la classe au pouvoir : clergé, démocrate, dictature. Les gens manquent de foi en eux-mêmes et en leur capacité à changer les choses et à être heureux. Normal, déjà tout petits, on leur fait traîner le bazar du péché originel et d’un Dieu père fouettard, aigri et courroucé. C’est vache. Alors les gens prient et demandent au lieu de remercier d’avoir été créés à l’image de Dieu. C’est à dire comme créateurs. Notre culture est une machine à fabriquer des irresponsables.

    J’ai 37 piges et je viens à peine de découvrir qu’il n’y avait aucune limite. Je dis bien aucune. Les seules limites sont celles que nous nous imposons ou que l’on croit devoir imposer aux autres pour leur bien. Je crois que c’est le plus grand cadeau que l’on puisse faire à quelqu’un : de le libérer en lui faisant prendre conscience de sa capacité à tout créer et à lui montrer comment l’utiliser dans un processus conscient : Etre ou ne pas Etre, telle est la question. Qui comprend vraiment cette phrase ? C’est cela la liberté. (Je ne parle pas de l’idée de liberté à la con véhiculé par la propagande à chaque fois que nos soi-disantes démocraties s’en vont guerroyer pour la satisfaction de menus intérêts privés. Ces tribuns véhiculent vraiment une idée avilissante de la liberté qui consiste en la liberté d’exploiter, de massacrer et de tout détruire, tout en s’arrogeant une irresponsabilité permanente)

    C’est fini. J’ai arrêté de réagir. Maintenant je crée. L’été prochain le plan c’est de faire un documentaire avec Mimi. Mon fils et moi partons faire mille kilomètres à travers la Chine en vélo, avec à la clef une mission caritative pour les orphelins des campagnes chinoises. Alan qui est biculturel et bilingue va en ressortir grandi et heureux d’être là où il est. Et on va avoir un documentaire qui claque.

    Voilà. C’était juste un petit mot à toi, venu de notre convergence d’appréciation de cet article de Serres.

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