Petite Poucette et Petit Poucet…

Le Monde a publié un bel article (édition du 7 mars 2011)de l’académicien Michel Serres, philosophe âgé de 81 ans. Ce dernier appelle notre attention sur la vitesse à laquelle le monde change. Avec beaucoup de talent, l’auteur démontre combien les pratiques ont pu évoluer, beaucoup plus vite en quelques années de notre début de siècle qu’en plusieurs centaines d’années des siècles précédents.

Baignés dans le virtuel, les jeunes d’aujourd’hui seraient déconnectés des sensations que procurent chez les plus anciens la lecture ou l’écriture. Ce serait prouvé scientifiquement, questions de neurones et de zones corticales excités différemment. L’Ecole n’aurait pas suivi cette évolution et une incompréhension se serait installée entre le corps enseignant et les jeunes. Ce ne serait pas la faute des enseignants mais celle des hauts responsables qui conçoivent les programmes de l’enseignement.

En réponse, le philosophe propose « d’inventer d’inimaginables nouveautés » : être inventifs, créatifs et conserver notre capacité à nous adapter. Modeste et généreux, Michel Serres comme philosophe accepte de porter cette responsabilité de ne pas avoir su entendre arriver le contemporain mais décide de faire confiance aux nouvelles générations. Ces générations qu’il nomme Petit Poucet et Petite Poucette pour savoir écrire les textos avec une grande dextérité du pouce.

Quelle belle démonstration nous est donnée par l’académicien originaire du Lot-et-Garonne. A travers son article, il nous dit de garder confiance aux jeunes générations qui nous succèdent même si elles paraissent céder trop facilement aux chants des sirènes d’un monde superficiel, consumériste, individualiste et narcissique. Il nous alerte enfin sur ces fortes mutations qu’il s’agit d’assumer sans renier le passé mais en regardant en face le présent.



Un marathon pour exister ?

Dimanche 10 avril a eu lieu le marathon de Paris. 40 000 coureurs ont arpenté les rues de la capitale sous un soleil éclatant. Si les premiers ont fini la course en un peu plus de 2 heures, les derniers auront certainement dépassé les 5 heures. Pour eux le temps n’est plus compté et le principal est d’atteindre la ligne d’arrivée, de devenir un « finisher » ce qui est déjà très bien.
Chaque année, les participants deviennent de plus en plus nombreux. Courir un marathon ne se résume pas simplement à affronter l’épreuve le jour J. Préparer un marathon demande des semaines d’entrainement, des centaines de kilomètres de course à pied, beaucoup de souffrance et d’engagement.
Pour quelle raison courir un marathon ?
Les réponses sont nombreuses : dépassement des limites physiques, développement du mental, défi personnel, travail de l’endurance, envie de participer à un événement attirant les foules et les passions.
Parmi les raisons évoquées se trouve aussi l’image de soi. Cette image rapproche le corps et l’esprit, la forme physique et la force mentale. L’image occupe une place importante de nos jours. Elle compte aussi bien pour les autres que pour soi-même. C’est une nouvelle manière d’exister. On pourrait exister autrement, c’est certain. Tout ceci est sûrement un signe de notre temps.
Celui-ci est tout de même positif.



Laïcité et modernité

Le débat sur la Laïcité s’ouvrira le 5 avril prochain à l’UMP, malgré les polémiques de tout bord et la tribune médiatique des représentants de la Conférence des responsables de culte en France manifestant leur doute sur l’initiative.
Il est certain que depuis le début du vingtième siècle, depuis l’édiction de la loi sur la Laïcité du 9 décembre 1905, notre société a changé. Cette loi garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes dans la vie privé. Elle interdit également le financement d’aucun culte par les deniers publics à l’exception des églises catholiques qui appartiennent au patrimoine public. Or, l’Islam représenterait aujourd’hui la seconde religion pratiquée en France et ses lieux de culte sont trop peu nombreux.
Il est important de respecter la loi sur la Laïcité, fondement de notre République, comme il est nécessaire de prendre en compte la pratique de l’Islam au risque de tourner le dos à de très nombreuses personnes de confession musulmane.

Alors pourquoi autant d’interrogations sur ce débat ?

Si les représentants des 6 principales religions en France, catholiques, musulmans, protestants, juifs, bouddhistes et orthodoxes, ont signé cette tribune dans le Monde c’est pour alerter contre les récupérations politiques, les logiques partisanes et les stigmatisations. Autrement dit, la nécessité d’un tel débat se fait réellement ressentir compte tenu de l’évolution de notre communauté mais elle devrait avoir lieu à un autre moment et dans un autre lieu. Ce débat devrait voir le jour à un moment plus éloigné des échéances électorales et dans un autre lieu qu’au sein d’un parti politique. Car il regarde le plus grand nombre d’entre nous.
Par la séparation de l’Etat et des églises la loi sur la Laïcité a su préserver les affaires de l’Etat en limitant les affaires religieuses à la sphère privée. Il serait bien que le débat sur la Laïcité puisse sortir des assemblées des partis politiques.



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